- Il s'agit d'une affaire très sérieuse, continua Gabrielle d'un même ton solennel, toutefois moins sûr dans le silence absorbant d'une nuit d'été. Nous sommes en la possession de documents assez compromettants pour votre carrière et qui pourraient être exposés au grand jour si par malheur - pour vous - vous ne coopériez pas.
Il se raidit à son tour, son sourire disparut un instant de la surface blafarde de son visage. Il déglutina difficilement puis retrouva une allure prétentieuse.
- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, Madame Stevens.

- Oh si, vous le savez, murmura-t-elle, un sourire victorieux en coin. Il semblerait que toutes vos méthodes pour obtenir des renseignements ne soient pas... disons... conformes.
Il reconnut en elle une rivale redoutable. Par le biais de son regard, Gabrielle en prit conscience et prit la liberté de conclure leur entretien.
- Vous agréez à notre petit marché, Monsieur Gelbert?
- C'est entendu.
En dépit de cette défaite, il n'avait pas perdu son sourire - c'était un beau perdant. Enfin, les grillons firent de nouveau retentir leur chant dans la nuit qui s'écarta progre ssivementdes deux personnages. Guidés par un instinct, leur regard changea alors subitement.

Cam
dim 20 jui 2008 15:29